Le philosophe français Bernard-Henri Lévy a été agressé à Belgrade où il était venu ce mercredi soir présenter son film documentaire «Peshmerga».
Selon l’agence Tanjug, des militants d’un groupuscule communiste serbe, appelé SKOJ, entendaient reprocher à BHL ses prises de positions pendant les conflits en ex-Yougoslavie dans les années 1990. BHL avait alors vigoureusement dénoncé le siège de Sarajevo par les forces serbes et avait été une voix importante en Occident contre le régime de l’homme fort de Belgrade Slobodan Milošević.
Au moment où il prenait la parole mercredi devant le public du festival de documentaires Beldoks, quelqu’un est passé devant lui en courant et lui a jeté un projectile au visage. Etonnamment, le philosophe français est resté impassible après l’attaque, poursuivant son intervention au micro comme si de rien n’était.
Deux autres militants, se revendiquant de SKOJ, ont crié à l’adresse de BHL : «Assassin, va-t’en de Belgrade!», selon l’agence Tanjug. «Cet homme s’est employé à faire bombarder la Yougoslavie, huit ans avant les frappes de l’Otan» contre la Serbie en 1999, ont-ils déclaré au public. Bernard-Henri Lévy a répondu : «J’ai appelé au soutien à la démocratie dans l’ex-Yougoslavie et y compris en Serbie, je me suis réjoui de la chute de Milošević, j’ai soutenu les étudiants en grève, j’ai soutenu les démocrates, j’ai soutenu les réalisateurs, j’ai produit le film de Goran Markovic». Face à une nouvelle tentative d’agression, Lévy a repoussé ses agresseurs et a lancé en français: «Vive la démocratie à Belgrade». Les militants de SKOJ ont ensuite été expulsés par les quelques supporters de Lévy restés dans la salle.
De nombreux Serbes continuent de reprocher à BHL son soutien aux musulmans de Bosnie pendant le conflit dans cette ex-république yougoslave qui avait fait plus de 100.000 morts entre 1992 et 1995.
Bernard-Henri Lévy a déclaré via Twitter : «Belgrade. Des nervis nostalgiques de Milošević passent à l’action. Mon combat pour #Sarajevo et une Serbie démocratique continue.»

4 Commentaires

  1. Un proverbe de notre chère Kabylie dit : tets rebbim izerman deg qelmun,, le fascisme est cultivé et entretenu pour des raisons politiques et sociales évidentes, et ce dans tous les pays, je ne pense pas qu’éradiquer un ou une partie fasciste soit elle soit l’ultime solution, il faut traiter les causes, et non les symptômes, pourquoi ces idéologies sont elles entretenues, si justices sociales il y avait, si moins de corruption, si plus d’instructions, si plus d’égalités a travers le monde, si plus de tolérance sans le laxisme, hélas tout cela nous le savons déjà….

  2. Le rêve inachevé du monde libre ou la politique de deux poids, deux mesures, lorsque le monde « civilisé » cessera de soutenir les dictatures mêmes masquées, lorsqu’il aura le courage de ne plus cautionner les crimes de toutes sortes y compris les plus « élémentaires », lorsqu’il cessera de faire semblant de gesticuler par la force des armes, lors qu’enfin on passera à l’après pétrole, le monde retrouvera sa lucidité et peut être son bon sens, ce jour la nous verrons probablement la chute de tous les fascismes.

  3. Nous jugeâmes fort préoccupant qu’on prît pour une fatalité la présence d’un parti non républicain au second tour de la présidentielle de 2017. Notre combat consistera donc à entraver ce fatalisme en empêchant la création des conditions qui le rendraient incontestable jusqu’en 2022.

  4. Si nous voulons conserver une chance d’exporter le pluralisme à la française dans ce qu’il nous reste à unifier de l’Europe, ne banalisons plus le virage totalitaire des zinzins soumis, et préservons modestement, en éclaireurs, l’existence d’une gauche et d’une droite républicaines aux deux côtés, j’allais dire en renfort, de notre République en marche.