Le parti de l’étranger et de la détestation de la France a encore frappé.

Sous l’impulsion de Thierry Mariani, le député de la Droite populaire représentant (sic) les Français de l’étranger, l’homme qui frétille quand il se prosterne à Damas devant Bachar el-Assad, qui rentre en pâmoison devant Poutine quand il se rend, la servilité aux lèvres, en Crimée occupée, a fait passer ce 28 avril à l’Assemblée Nationale à moitié vide, après avoir rameuté la piétaille de droite, une résolution scélérate prônant la levée des sanctions à l’égard de la Russie. Condamnée par la communauté internationale pour s’être emparée de la Crimée et du Donetsk ukrainiens par la force il y a deux ans, violant continûment les accords de Minsk qui rétablissaient la souveraineté ukrainienne en échange de l’autonomie de l’Est du pays, la Russie serait redevenue fréquentable, au prétexte qu’elle mènerait le même combat que nous contre Daech en Syrie (merci Alep écrasée par les bombardiers russes)… et, plus encore, que les mesures de rétorsion russes lèseraient nos malheureux agriculteurs. Mariani, le prébendier politique, le défenseur à plat ventre de Poutine le putschiste criméen, de ses petits hommes verts au Donetsk et de ses bombardiers au-dessus d’Alep, l’homme du salut des porcs et des poulets français : l’image est raccord.

Cette chienlit politique à lui tout seul a rassemblé le ramassis des éternels Munichois que compte depuis toujours, à droite, notre vieux pays gaulois. Sans oublier, naturellement, les deux vendus du Front soi-disant National qui va tendre sa sébile à Moscou. Plus, tragique ironie de l’Histoire, les ultimes parlementaires communistes qui, pour la première fois de l’histoire du Parti communiste, se retrouvent voter en compagnie des néo-fascistes français. Moscou, Moscou, quand tu nous tiens…

On relève parmi les signataires de cette résolution de la honte, François Fillon, plus dérisoire ectoplasme que jamais (les Mistral, c’était aussi lui), et, Ô tristesse, Pierre Lellouche, qu’on a connu jusqu’à une date récente homme de principes face aux dictatures et ennemi des ennemis des Droits de l’homme.

Comme on disait jadis du Parti communiste qu’il était le parti de Moscou, la marionnette Mariani et ses suiveurs ne sont pas à droite, ils sont à l’Est. Ils sont, cinquante ans après les communistes, le parti de l’étranger, les nouveaux Moscoutaires.

Par cette courbette nauséabonde devant le Tsar du Kremlin, qui écrase les libertés publiques en Russie, pourchasse les homosexuel(le)s, truque les scrutins, viole toutes les règles du droit international pour sa politique de puissance, encourage les populismes en Europe, cette Europe «décadente» et «féminoïde» dont il veut la mort pas moins que celle de l’Ukraine qu’il a violée et dépecée, voilà que, pour la première fois, la représentation nationale du pays des Droits de l’Homme serre la main d’un homme pleine du sang de 300.000 Tchétchènes, des habitants du Donbass sous la botte, des civils martyrisés d’Alep, d’Anna Politkovskaïa et de Boris Nemtsov assassiné sous les murs du Kremlin.

Cette«résolution» n’est heureusement qu’un vœu. Et elle n’oblige en rien le gouvernement de la France. Mais les fruits pourrissent toujours de l’intérieur. Et Monsieur Mariani et ses suiveurs poutinolâtres sont les pourrisseurs d’un fruit fragile nommé la Liberté et les Droits de l’Homme.

9 Commentaires

  1. Et que pensez-vous des dirigeants de l’UE qui se couchent devant Obama-Merkel-Erdogan?

  2. Ce ne sont pas les terroristes que Vladimir Poutine va buter jusque dans les chiottes. C’est les Tchétchènes, les Ukrainiens. C’est les Syriens, les Israéliens. C’est toute une entité, toute une propriété. C’est le propre de l’homme pas-forcément-russe. Le caractère impropre au vu d’un monde panrussifié. Un territoire contre-nature en Désunion russoviétique. Si l’on en trouve, du Tchétchène terroriste? Et comment! Avec ça, on effraie la chronique plus qu’on ne la défraie. Le genre de monstruosité qu’on préfère glisser sous le tapis de crainte que le Tsarouge n’en tire avantage. N’empêche, les images de théâtre gazé ou d’école ensanglantée sont vissées quelque part dans l’inconscient Placoplatre de l’orchestre isophonique mondial. À l’endroit même où les hyènes ultralibérales ressortent leur tournevis dès l’avant-veille de l’accord de Vienne. L’opération Secourons Poutine sera d’autant plus simple à échafauder que la stratégie d’empêchement démocratique pue l’omission à plein nez. Alors, je brise ma stratégie. Et d’un coup de crosse de pistolet, je gifle l’assassin du traître Kadyrov sans pour autant ranger dans sa sacoche ma carabine pointée sur le Kremlin. Et j’en appelle à la dissidence démocratique russe comme à la dissidence démocratique tchétchène. Et je pardonne à l’une ce que j’ai pardonné à l’autre, une forme d’attentisme plus ou moins consciente mais pareillement ennemie de la complicité. Je ne confonds pas la stupeur d’une population mutilée qui, privée de langue, se vit comme amputée des deux mains. Et alors! faut-il que l’on poireaute en attendant la trahison de tous les Juan Carlos pour que la loi bafouée ait une chance de poser le pied sur sa proie? En aucune façon. C’est la Russie qui, si elle le voulait, pourrait mettre aux arrêts l’assassin de Nemtsov. Le Quartier Est est aujourd’hui une ville sans loi. Un phénomène inouï qui passe totalement inaperçu du simple fait que ses résidents ont laissé une brute épaisse y instaurer sa malpropre loi. Or il n’est pas de loi qui ne se fonde sur l’égalité en droit de ses observateurs consentants. Le héros est le quotient d’une population tétanisée par son diviseur barbare. La haine aveugle transforme l’unité sociale en dividende, après quoi elle vent la masse aux masses, non sans s’être assurée que l’une et l’autre étaient complètement à la masse. Alors, l’Amérique réactive son mythe de Rockefeller dans une version bas de gamme tandis qu’un petit kagébiste se paye un destin de star de toutes les Russies. Poutine défend son pré carré : «Les Amerloks, vous êtes vraiment des carnassiers! Vous nous avez repris nos propres pays de l’Ouest, et maintenant, vous m’arrachez l’Ukraine des crocs? Pourquoi pas la Syrie, tant que vous y êtes?» J’aimerais être sûr que l’argument ne marque pas des points côté Pentagone, mais l’histoire récente me fait douter de la foi des fils et filles de Washington. Ceux-là ne me semblent pas tellement plus aptes que leurs épouvantails à identifier les Trois Grâces dès l’instant qu’elles leur apparaissent encagoulées. Et puis, le réchauffement hématique aurait plutôt tendance à refroidir leurs ardeurs. Face au risque de climax, on pense d’abord à se mettre au froid. Or voilà bien où nous en sommes. Dans l’acmé jusqu’au cou. La tension du point de convergence des égoïsmes nationaux de nouveau à son comble, qui ose encore imaginer, en ces heures si proches de la victoire du bien sur le mal (muscles zygomatiques bien relâchés), que les membres permanents du CS accorderont une demi-seconde de négociation aux revendications territoriales des Kurdes au moment du partage du butin? Un Kurdistan réel, un peuple kurde présidant à ses propres destinées, un État-nation alliant culte islamique et culture laïque, tout cela ne pèse pas lourd en regard du risque de rupture de ce que la SDN améliorée, suite au démantèlement de l’empire ottoman, perçut comme un savant équilibre géostratégique. Ouh mais qu’est-ce que vous faites là, mon brave? Attention à ne point réveiller la Bête! Ah bon? Car, d’après vous, elle pionce? Quoi, elle ne dort pas? Pas vraiment, non. Vous savez, il y a une règle impérative tribale extensible au domaine ultrasensible des affaires étranges : S’assurer du fait que le ronflement n’est pas un ronronnement. Merkel se propose de fournir son aide aux forces d’endiguement européistes capables de stopper l’influence du néofascisme à géométrie variable. Pour commencer, elle pourrait renforcer l’Europe en dehors de l’Europe. Empêcher l’ex-camarade soviétique de saboter les droits de l’homme slave. Supposer qu’au-delà du droit de citer, là où les femmes sont traitées comme des sous-hommes, il ne fait pas bon être une fiotte. Étayer la laïcité partout où elle sert de fard aux étouffeurs du pluralisme. Les Kurdes ne récolteront probablement pas le fruit de leurs renforts au sortir d’une guerre par procuration enfoncée dans une autre. Ils se contenteront d’un destin à la juive. Poursuivront leur chemin de croix en suant sang et eau. Le sang de l’égalité plongé dans l’eau isiaque d’une résurrection prometteuse. Rien ne saurait entraver la brasse coulée des Justes. Aider l’Europe ce pourrait être aider ses amants à consolider l’esprit du droit à être un homme, et donc, une femme là même où, en matière de droit, l’on ne constate pas d’avancées évidentes. Durant cet intermède, la tête de Turc des fossoyeurs du kémalisme aiderait ses propres persécuteurs à lui porter secours. Ce faisant, le Kurdistan fantôme exportera son islam pluraliste, féministe et judéophile sans bouger de sa place. Je suis l’homme que je ne sais pas être. Libre pour l’être. Tu veux dire libre pour être libre? Non pas. Mais alors, pour quoi faire? Pour parfaire son être. La liberté est un principe neutre comme tous les autres. On en fait ce que l’on peut. Il est donc nécessaire que l’homme s’exerce à pouvoir mieux. À exercer de plus haut le pouvoir qu’il détient. Le pouvoir suprême a fortiori. Les modes d’influence que chacun d’entre nous emploie envers les autres, que faire d’une telle forme de pouvoir? Comprendre que les humains n’en disposent d’aucune autre et agir en conscience en sorte qu’Omnipolis puisse être délivrée des pourritures qui y ont semé la peur, dénommant cela la loi. En l’état actuel des mondes, pisser les mêmes mots pour définir l’État de droit et l’État de non-droit aurait valeur de test de grossesse négatif.

  3. Le seul but de Mariani est de faire lever les sanctions de ses copains oligarques, il doit y trouver son compte ! Quelle surprise…

    • Le but de M. Mariani est d’arrêter de se tirer une balle dans le pied en obéissant aux ordres de Washington. Il faut bien réaliser que la plupart des mesures prises par F. Hollande en matière de politique étrangère ne servent pas les intérêts de la France.

  4. Vous avez quand même oublier de dire 1) que selon des entreprises de sondages occidentales, Poutine était soutenu par plus de 75% de sa population. 2) Que Poutine est le dirigeant russe qui ait le meilleur bilan en terme d’espérance de vie et de santé publique de tous les temps (et singulièrement meilleur que le président pro-occidental Eltsine). 3) Qu’au delà de la population et de Poutine, tout un gouvernement et une intelligentsia s’inscrive dans cette même politique russe. Ainsi même si Putin disparaissait la politique russe ne changerait pas. 4) Que le monde du business (BloombergTV, Time, etc. ) préfère de loin Putin à son prédécesseur.

    Dès lors, comme le fait qu’Israël soit une nation juive, que la Mecque soit une ville musulmane, il vaut mieux prendre acte et s’habituer que la Russie soit putinienne!

  5. Ce vote à l’Assemblée n’a aucune valeur, fort heureusement. Mariani a fait passer cette résolution de façon pernicieuse alors que l’hémicycle était déserté. Personne au gouvernement ne suivra son désir de renouer avec Poutine…

  6. Il arrive qu’ils pourrissent aussi de l’extérieur, surtout quand ils sont mal entourés. Fraus omnia corrumpit, dit l’adage.

    Car le ver n’est pas forcément dans le fruit, mais dans le discours, le vôtre, en l’occurrence. Quelle que soit la sympathie que l’on puisse REprouver envers M. Poutine, il est certain que les sanctions économiques sont, sui generi, économiques, non politiques, et comme telles, parfaitement étrangères au droit international. En somme l’Occident otaniste voudrait châtier les conséquences de ses propres mauvaises actions, de sorte que l’Occident s’expose au châtiment de son aveuglement féroce…

    Sixto Quesada

  7. Article intéressant mais dommage qu’il manque de souligner le rôle du régime iranien et de ses lobbys en France dans tout ça.

  8. Cet énergumène est à la botte de Poutine, il se fait manipuler par un va-t-en-guerre et il ne s’en cache absolument pas ! Si seulement il pouvait se battre avec autant d’énergie pour la démocratie et les droits de l’homme en Russie… Ce sera quoi la suite, renouer avec Damas ?