Le magazine Transfuge, La Règle du Jeu et le Cinéma La Pagode se mobilisent pour les cinéastes iraniens Jafar Panahi, Mohammad Rasoulof et Mohammad Nourizad.

Des artistes, des intellectuels, des politiques, interviendront avant et après la projection du dernier film de Panahi, »HORS JEU » (Grand Prix du Jury Berlin 2006), ce mardi 1er février à 20h30, au cinéma La Pagode.

Seront présents : Frédéric MITTERRAND, M. le minitre de la culture, Marjane SATRAPI, Arnaud MONTEBOURG, Serge TOUBIANA, Agnès VARDA, Bernard-Henri LÉVY, Amos GITAI, Jane BIRKIN, Michel PICCOLI, Patrick MILLE, Elisabeth QUIN, Mohsen MAKHMALBAF, Sepideh FARSI, Mamad HAGHIGHAT, Romain GOUPIL, Yann MOIX, Rafi PITTS, Armin AREFI, Abbas BAKHTIARI, Nicole GARCIA, Michel GALABRU, Pierre RICHARD…

Lecture de messages de soutien de : Bertrand TAVERNIER, Vincent LINDON, Charles BERLING, Hyppolite GIRARDOT, Jean-Pierre MOCKY, Stéphane FREISS.

Mardi 1er février, à 20h30
Cinéma La Pagode
57 bis, rue de Babylone
75007 Paris
Métro : Saint-François-Xavier

Réservations : 01 46 34 82 54/01 45 44 98 74

Communiqué de presse

« Lorsqu’un réalisateur ne fait plus de films, c’est comme s’il demeurait en prison », a déclaré Jafar Panahi au New York Times, en mai 2010, lors de sa « première » libération.

Sa situation est d’autant plus désespérée qu’il est, depuis le 20 décembre dernier, condamné, non seulement à vingt ans d’interdiction de réaliser des films, mais à six ans de prison ferme.

Le seul crime qu’ait commis Jafar Panahi est d’avoir tenté de continuer de travailler en Iran, son pays, malgré la censure de ses œuvres.

Panahi a déposé le 8 janvier une lettre d’appel qui est actuellement en cours d’examen par le tribunal de Téhéran. Les autorités iraniennes devraient se prononcer sur la recevabilité de l’appel dans les prochains jours. La manifestation organisée par Transfuge, La Règle du Jeu et le Cinéma La Pagode est, aussi, un appel adressé aux autorités iraniennes à la veille d’un verdict dont l’écho sera mondial.

Les organisateurs de la soirée rappellent, par ailleurs, que le cinéaste Mahamad Rasoulof est également condamné à six années de prison ferme pour avoir participé au dernier projet de Jafar Panahi. Ils rappelleront aussi le cas de Mohammad Nourizad, arrêté en décembre 2009 pour avoir écrit une lettre de contestation à l’Ayatollah Ali Khamenei et qui a entamé une grève de la faim en décembre 2010.

Il est inconcevable que Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof passent les six prochaines années de leurs vies derrière les barreaux de la prison politique d’Evin.
Il est inconcevable que Mohammad Nourizad demeure en prison.
Il est inconcevable que les autorités iraniennes privent les cinéastes iraniens de leur droit, élémentaire, d’exercer leur métier et de s’exprimer.

Projection du film HORS JEU

hors_jeuGrand Prix du Jury Berlin 2006
Durée : 1h26 / vostfr

Résumé : Qui est cet étrange garçon assis tranquillement dans le coin d’un bus rempli de supporters déchaînés en route pour un match de foot ? Il n’est autre qu’une fille déguisée en garçon qui tente de transgresser l’interdiction. En Iran, les femmes aussi aiment le foot mais elles ne sont pas autorisées à entrer dans les stades. Arrêtée et confiée à la brigade des mœurs, la jeune fille refuse pourtant d’abandonner. Elle use de toutes les techniques possibles pour voir le match, malgré tout.

L’affaire Panahi en quelques dates :

Mai 2009 : Jafar Panahi apporte son soutien au candidat réformateur MirHossein Moussavi contre Mahmoud Ahmadinejad, et sa politique d’étouffement et de censure des artistes iraniens

Août 2009 : Il arbore une écharpe verte, couleur de l’opposition iranienne, lors du Festival du film de Montréal

1er mars 2010 : Les autorités iraniennes arrêtent le cinéaste à son domicile

12 mai 2010 :
Le festival de Cannes le nomme membre du Jury et lui garde une chaise vide jusqu’à sa libération

25 mai 2010 :
Le cinéaste est libéré, après deux mois d’emprisonnement, grâce à la mobilisation internationale et au versement d’une caution de 150 000 euros

20 décembre 2010 : Jafar Panahi est condamné à 6 ans de prison et à 20 ans d’interdiction de réaliser des films pour « rassemblement contre la sécurité nationale » et « propagande contre le Régime »

8 janvier 2011 : Farideh Gheirat, l’avocate de Jafar Panahi, dépose une lettre d’appel en faveur de son client

7 Commentaires

  1. Nul n’est prophète en son pays. C’est bien la preuve que ce que Jafar Panahi montre est la réalité. Voilà qui dérange le pouvoir, qui n’accepte pas la démocratie (demos Kratos, le pouvoir au peuple)

  2. Merci pour ce soutien à ces trois cinéastes iraniens.
    vive la liberté en Iran, la parole au peuple d’Iran.
    31 du crime est suffisant, les iraniens cherchent le sécularisme, après avoir vécu un régime islamiste!

  3. Il est inconcevable que M. Panahi et les 2 autres cinéastes soient maintenus en prison.
    Ils doivent être libérés !
    C’est complètement dingue de penser aux raisons pour lesquelles ils sont emprisonnés !
    Simplement, car ils ont le grand courage d’oser dire dans leurs films des vérités absurdes et injustes que leur imposent la dictature de leur pays !
    Si les vérités qu’ils filment dérangent le pouvoir de leur pays, c’est bien la preuve que ce même pouvoir sait très bien au fond qu’il agit de manière injuste et qu’il a tort de le faire ainsi.
    Il ne supporte pas qu’on puisse critiquer cette manière injuste qu’il a de traiter les gens.
    Cela prouve aussi une fois de plus que le débat d’idées et la remise en question ne sont pas acceptés et difficilement envisageables dans les pays à la tête desquels il y a une dictature !