L’hebdomadaire Marianne publie, demain, samedi 9 octobre, le premier sondage national (CSA) consacré à l’influence et à la notoriété des intellectuels français. Ce sondage, réalisé le 16 juin 2010, sur un échantillon représentatif de la population française, est instructif à bien des égards.

Sur le panel de 22 noms proposé aux sondés, cinq se détachent très nettement : ceux de Bernard-Henri Lévy, Elizabeth Badinter, Jacques Attali, Luc Ferry et Jean d’Ormesson. En termes de notoriété c’est Bernard-Henri Lévy qui arrive en tête. En termes d’influence, la première est Elisabeth Badinter. Parmi les surprises de ce sondage, on notera les rangs très médiocres d’Alain Badiou (3 points d’influence contre 24 à Badinter et 18 à Bernard-Henri Lévy) ou de Michel Onfray (6 points seulement, malgré le lancement tonitruant de son livre contre la psychanalyse).

Les penseurs néoradicaux contre lesquels La Règle du Jeu s’est si souvent inscrite en faux se portent donc plutôt mal et n’ont ni la notoriété ni l’influence qui leur sont prêtées dans le microcosme parisien. On notera l’assez bon classement de Régis Debray, légèrement décevant par rapport, là aussi, à l’aura qui est la sienne dans certains milieux parisiens mais talonnant néanmoins Bernard-Henri Lévy en termes d’influence.

Un autre enseignement du sondage est  la sur-représentation des gros vendeurs de livres : c’est l’explication de la bonne place donnée à Luc Ferry et à Jean d’Ormesson. Trois déceptions, pour nous, à La Règle du Jeu : les scores médiocres de trois amis ou compagnons du directeur de la revue, Bernard-Henri Lévy – Alain Finkielkraut, André Glucksmann et Pascal Bruckner. Mais la valeur des œuvres n’est pas suspendue à un sondage. Et aucune forme de chiffrage ne nous dissuadera jamais de défendre les auteurs qui nous semblent devoir l’être.

7 Commentaires

  1. Bernard-Henri Lévy, n°1 des intellectuels français ?
    Pauvre France…
    Mais quand on voit le niveau des artistes et animateurs les plus présents sur nos écrans, c’est cohérent.

  2. Intellectuels? Vous avez une conception très « ancien régime » de l’intellectuel. Ceux dont vous parlez sont ceux qui fréquentent les salons pour des causeries pleines de bon esprit, sous l’oeil du populo qui gobent leurs paroles insipides par écrans interposés. Ceux dont vous parlez sont sollicités et gratifiiés par les princes qui acceptent de les lire, de les recevoir et de débattre avec eux et, leur font ainsi une publicité qui assure notoriété et rémunération. Tout ça avec amabilité et courtoisie. Comme Diderot quand il visitait Frédéric II et Catherine de Russie. L’élite a besoin de ces intellectuels pour en retirer une crédibilité morale vis-à-vis du populo qui assiste, impuissant, à ces causeries médiatisées. La notoriété de ces intellectuels bien en cour est fonction de l’effet d’affichage.
    BHL, Gallo, Glucksman, Bruckner, Zemmour, tous amis avec des politiques et des financiers…
    Tout comme, il y a des politiciens professionnels arqueboutés à leurs ambitions, leur vanité, leur plan de carrière, les intellectuels dont vous parlez, sont de tristes sires, de pâles imitateurs aussi prétentieux et imbus d’eux-mêmes.

  3. l’intellectuel le plus important c’est pierre nora
    tous les autres ne sont que des stars de la télé

  4. Derrière la notion de «notoriété» dont le peuple français octroie la plus haute marche à Bernard-Henri Lévy, j’entends aussi résonner l’influence que possède indéniablement et heureusement sur nous, hommes et femmes confondus, Élisabeth Badinter. Celui que l’on connaît le mieux, c’est celui qui fut autorisé par nous-mêmes à nous côtoyer, à nous entendre, à nous connaître en même temps qu’il revenait se faire connaître à nous. Une influence réciproque en somme exercée l’un sur l’autre par le peuple et le philosophe, qui fera que sa parole ne tourne pas à vide. Les diplômés des trois dernières décennies ont donc menti sur l’influence réelle du Badiou à prendre au sérieux, et de l’Onfray à prendre à la rigolade. Il demeure néanmoins préoccupant que la néoradicalité de leurs maîtres ait été assimilée par eux à ce degré d’ancrage, sans que cela constituât jamais un obstacle à leur surclassification sociale.

    • Si Finkielkraut a quitté le cœur de ses compatriotes, c’est pour avoir refusé de débattre avec des interlocuteurs indignes. Résultat des courses? Il n’est plus là pour défendre sa dignité par la seule force de sa présence, par la présence de sa seule force tandis que la gent médiocrate a pris au fil des ans de disgrâce médiatique, l’habitude de rhabiller ce maître de la philosophie antirelativiste en parangon de la pensée réactionnaire, avec huée à l’appui ordonnée par un chauffeur de salle. Finkielkraut nous manque. Il faut qu’il prenne son courage à deux mains, et remonte au créneau.

  5. Pas de quoi jubiler! BHL passe à la tv, point.
    Lévy est inéxistant dans l’université.
    Badiou reste un must, et sera encore lu après sa mort.

  6. bhl est n°1 en notoriete (le plus mediatique) mais elisabeth badinter est N°1 sur le plan de l influence

    toute la nuance entre quantite et qualite!!