Christine Angot :”je veux, moi aussi, apporter ma pierre à la demande de libération”
Christine Angot
Chaque jour, Sauvons Sakineh.
«Libération» , le magazine «Elle», «La Repubblica » et «La Règle du jeu» s’associent pour publier, chaque jour, une lettre pour Sakineh. Artistes, intellectuels et lecteurs se relaient pour écrire à l’Iranienne condamnée à la peine de mort par lapidation. Aujourd’hui la lettre de Christine Angot.
«Libération» , le magazine «Elle», «La Repubblica » et «La Règle du jeu» s’associent pour publier, chaque jour, une lettre pour Sakineh. Artistes, intellectuels et lecteurs se relaient pour écrire à l’Iranienne condamnée à la peine de mort par lapidation. Aujourd’hui la lettre de Christine Angot.

“Chère Sakineh,
Si vous êtes libérée demain, ou tuée, je ne voudrais pas avoir sur la conscience le fait de ne pas avoir apporté ma pierre, moi aussi, sous la forme d’une signature dans une liste, à la demande, à l’exigence, que vous soyez libérée et que le châtiment que certains croient pouvoir vous réserver, soit aboli. J’aurais tous les jours sur la conscience la honte de ne pas l’avoir fait.”
Mots-clefs : châtiment, Christine Angot, écrivain, lapidation, lettre, Libération, Mobilisation, pétition, Sakineh Mohammadi-Ashtiani
Vendredi 10 septembre 2010 à 8:00.
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À ceux qui ont l’outrecuidance de donner une leçon de littérature à l’écrivain, que vous, ma reine, me laissiez vous courir après, je voulais dire, voler à votre secours, putain de lapsus! pour leur dire que le mot comme la femme à laquelle il se donne, possède une portée symbolique. En cela, c’est en conscience que l’assembleuse choisit d’apporter en guise de soutien à la femme adultère, une pierre de même nature que la pierre sous laquelle on voudrait l’écraser, car elle compte sur l’intelligence du lecteur voyant apparaître l’homme derrière la pierre, cet homme sans la main duquel une pierre conserverait sa neutralité impeccable, un homme dont elle espère que la main qui le fait homme, la même main vouant une double inclination au mal et au bien, transformera son geste de cruauté en geste de bonté.