Que la presse iranienne s’en prenne à Carla Bruni-Sarkozy était déjà honteux et nous avons dit, ici, notre pleine solidarité avec la Première Dame de France en butte à des attaques proprement fascisantes.
Qu’une actrice française, Catherine Deneuve, entonne le même air et joigne sa voix à celle des fanatiques est plus surprenant mais n’est, hélas, pas moins préoccupant.
« Etant donné son passé, elle (Carla Bruni-Sarkozy) aurait mieux fait de se taire », a en effet déclaré la comédienne en marge du festival de Venise où elle venait présenter « Potiche » de François Ozon. Puis, donnant pour ainsi dire raison à la presse iranienne: « Quand vous êtes une personnalité publique, vous devez être prudente lorsque vous soutenez une cause. Avec son vécu, qui n’est pas des plus modérés, elle aurait dû faire attention. Cela peut-être à double tranchant. Les allusions à sa vie privée signifient en quelque sorte : occupez-vous de ce qui vous regarde. »
Face à de telles déclarations, on hésite entre la stupeur (Catherine Deneuve n’a-t-elle pas un vrai passé d’engagement féministe? ne fut-elle pas l’une des courageuses femmes signant, en 1971, le Manifeste des 343 Salopes?) et la révolte (n’est-il pas choquant, au lieu de s’en prendre à la presse iranienne et aux bourreaux de Sakineh d’insulter l’une des premières à avoir pris parti pour cette dernière?)
Comme l’a dit notre directeur, Bernard-Henri Lévy, hier, 6 septembre, à la représentante de l’agence italienne Ansa qui l’interrogeait en marge de la conférence de presse sur la situation et le sort de Sakineh: « ces propos sont si bêtes, et si étrangement irresponsables, qu’on a peine à imaginer qu’ils aient été effectivement tenus par une personne de la qualité de Catherine Deneuve; on attend donc, on espère, qu’elle les démente sans tarder ».
