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Marguerite Duras et Claude Berri en 1987 :
L’Amant
, ou le fantasme d’un film

Production : IMEC, 2007

Résultat d’un montage unique réalisé par Gregory Engler, sur la base d’un choix d’une cinquantaine de minutes effectué par Sophie Bogaert et Olivier Corpet à partir de plusieurs heures d’enregistrements datant du mois d’août 1987, ce film n’a pour l’heure, été diffusé que deux fois auprès d’un public très restreint de spécialistes de Duras : la première fois, à l’occasion des « Journées Duras » organisées à l’IMEC (Abbaye d’Ardenne, janvier 2007) et le 2 mars 2010 à New-York dans les salons des services culturels de l’Ambassade de France à l’occasion du « Festival Duras » (New-York, février/mars 2010).

Cet enregistrement a eu lieu dans les studios de Claude Berri (Renn Productions), au moment où le producteur envisageait de tourner une adaptation du livre de Marguerite Duras L’Amant, qui avait remporté le prix Goncourt trois ans plus tôt. Marguerite Duras, avertie de cette intention, s’enthousiasma pour le projet et convint avec Claude Berri que la base de l’adaptation serait la lecture, par l’auteur elle-même, de passages de son livre.

Le montage présenté est constitué de certains de ces moments de lecture, entrecoupés de commentaires de Marguerite Duras sur son propre texte, ainsi que de conversations entre les différents participants au projet : Claude Berri, Jacques Tronel, Jérôme Beaujour et Nicole Couderc.

Comme on sait, le projet n’aboutira pas sous la forme envisagée : ce sera, plus tard, Jean-Jacques Annaud qui réalisera le film, mais sans la participation de Marguerite Duras. Ce document inédit est pourtant, à bien des égards, d’un intérêt exceptionnel : outre les lectures de Marguerite Duras, chargées d’intensité et d’émotion, les différentes conversations permettent de mieux appréhender les relations que l’auteur entretenait avec son texte. Le rapport de Marguerite Duras au cinéma est largement éclairé par ces échanges : au fur et à mesure il apparaît de plus en plus évident que le film qu’elle imagine n’a rien à voir avec celui auquel songe de son côté Claude Berri : c’est toute sa conception du cinéma expérimental qui se fait jour.

Extrait des archives de l’IMEC, ce film est diffusé avec l’aimable autorisation de l’ayant-droit de Marguerite Duras, son fils Jean Mascolo.