François-Bernard Mâche et Michaël Levinas, membres de Académie des Beaux-Arts (Institut de France) ont décidé de se rendre à Gstaad ce samedi 8 mai, pour témoigner directement à leur pair Roman Polanski de leur solidarité et de leur amitié dans la situation qui est la sienne aujourd’hui.
Compte tenu de l’émotion de ses pairs, dont avait déjà fait publiquement état l’Académie lors de son arrestation, ils ont voulu à nouveau, au moment où la menace d’une extradition inique de Roman Polanski se précise, et après avoir informé l’Académie du sens de leur démarche, inscrire cette visite dans un état d’esprit que chacun d’eux a souhaité préciser dans un texte bref :

« Summum jus, summa injuria. Les Romains, inventeurs et experts en droit, avaient ce proverbe pour dénoncer les excès du formalisme juridique, lorsqu’il risque de se retourner contre la vocation essentielle de l’institution judiciaire : défendre les victimes.
Si j’ai souhaité me rendre auprès de Roman Polanski pour lui témoigner toute ma sympathie, c’est parce qu’il est aujourd’hui précisément une victime d’un tel excès formaliste, et qu’il ne demande qu’à être traité comme le seraient tous ceux qui n’ont pas sa notoriété. Si celle-ci ne lui donne aucun privilège, elle ne doit pas non plus le soumettre à des sévices exceptionnels, après une vie où ils ne lui ont pas été épargnés.
 »
François-Bernard Mâche
Compositeur
Membre de l’Institut

« En me rendant chez Roman Polanski, ce samedi 8 mai, je veux exprimer à titre personnel mon soutien à l’homme seul, dans sa solitude totale, aux prises avec un Droit qui risque de s’ appliquer au détriment de la Justice.
Au cours de cette visite, je souhaite aussi témoigner de mon engagement aux côtés de tous les êtres humains, persécutés, enfermés, oubliés, sans défense, femmes et hommes, enfants et adultes.
Nous savons que Droit et Justice ne sont pas toujours synonymes.
Il arrive, hélas, que l’exercice du droit s’aveugle et applique ses lois selon des modalités déloyales.
L’exercice de la  justice sait préserver certes le Droit, mais aussi l’humain dans son dénuement ultime.
Cette vraie justice et ses valeurs, savent respecter le Temps, ses prescriptions et ses grâces.
C’est aussi cela, les Droits de l’Homme.
 »
Michaël Levinas
Compositeur, Pianiste
Membre de l’Institut

Olivier Corpet, directeur de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), a tenu à se joindre à eux dans une démarche identique de solidarité active.