Pourquoi je suis favorable à une loi sur burqa
On dit : « la burqa est un vêtement ; tout au plus, un déguisement ; on ne va pas légiférer sur les vêtements et les déguisements »… Erreur. La burqa n’est pas un vêtement, c’est un message. Et c’est un message qui dit l’assujettissement, l’asservissement, l’écrasement, la défaite, des femmes.
On dit : « c’est peut-être un assujettissement, mais consenti ; sortez de votre tête l’idée d’une burqa imposée par de méchants maris, des pères abusifs, des caïds, à des femmes qui n’en voudraient pas »… Soit. Sauf que la servitude volontaire n’a jamais été un argument ; l’esclave heureux, ou heureuse, n’a jamais justifié l’infamie foncière, essentielle, ontologique, de l’esclavage ; et, des stoïciens à Elisée Reclus, de Schœlcher à Lamartine en passant par Tocqueville, tous les anti-esclavagistes du monde nous donnent tous les arguments possibles contre la petite infamie supplémentaire qui consiste à faire des victimes les propres auteurs de leur malheur.
On dit : « liberté de culte et de conscience ; liberté d’exercice et de manifestation, pour chacune et pour chacun, de la religion de son choix ; au nom de quoi se permettrait-on d’interdire à un fidèle d’honorer Dieu de la façon que prescrivent les textes sacrés ? ». Sophisme encore. Car on ne le répétera jamais assez. Le port de la burqa n’est pas une prescription coranique. Il n’y a aucun verset, ni aucun texte de la sunna, obligeant les femmes à vivre dans cette prison de ferraille et de tissu qu’est un voile intégral. Il n’y a pas un « shoyoukh », pas un savant en religion, qui ne sache que le visage n’est, pas plus que les mains, tenu dans le Coran pour une « nudité ». Et je ne parle pas de ceux qui, comme Hassan Chalghoumi, le courageux imam de Drancy, disent haut et fort à leurs fidèles, aujourd’hui même, que le port de ce voile intégral est carrément anti-islamique.
On dit : « gare à l’amalgame ! gare, en focalisant l’attention sur la burqa, à ne pas alimenter une islamophobie qui ne demande qu’à se déchaîner et qui serait elle-même une forme déguisée de racisme – on l’a empêché de s’infiltrer, ce racisme, par la grande porte du débat sur l’identité nationale ; va-t-on le laisser revenir par la fenêtre de cette discussion sur la burqa ? ». Sophisme, là encore. Increvable mais absurde sophisme. Car ceci n’a rien à voir avec cela. L’islamophobie, on ne le répétera jamais assez, n’est évidemment pas un racisme. Je ne suis, personnellement, pas islamophobe. J’ai trop le souci du spirituel, et du dialogue des spiritualités, pour être hostile à telle religion ou à telle autre. Mais leur libre critique en revanche, le droit de se moquer de leurs dogmes ou de leurs croyances, le droit à la mécréance, au blasphème, à l’apostasie, sont des droits trop chèrement acquis pour que nous laissions une secte, des terroristes de la pensée, les annuler ou les fragiliser. C’est de Voltaire qu’il s’agit, là, pas de la burqa. C’est des Lumières d’hier et d’aujourd’hui qu’il est question, et de leur héritage non moins sacré que celui des trois monothéismes. Un recul, un seul, sur ce front – et ce serait un signal donné à tous les obscurantismes, tous les fanatismes, toutes les vraies pensées de haine et de violence.
Et puis on dit enfin : « mais de quoi s’agit-il, après tout ? combien de cas ? combien de burqas ? faut-il, pour quelques milliers, peut-être quelques centaines, de burqas -répertoriées sur l’ensemble du territoire français, déclencher ce tapage, ressortir cet arsenal de règlements, faire une loi ? ». C’est l’argument le plus courant. C’est, pour certains, le plus convaincant. Sauf qu’il est, en réalité, aussi spécieux que les premiers. Car de deux choses l’une. Ou bien il ne s’agit que d’un jeu, d’un accoutrement, d’un -déguisement (voir plus haut) et alors, en effet, c’est la -tolérance qui est de mise. Ou bien il s’agit d’une offense faite aux femmes, d’une atteinte à leur dignité, il s’agit d’une mise en cause frontale de la règle républicaine fondamentale, et chèrement payée elle aussi, d’égalité entre les sexes – et c’est d’un principe, alors, qu’il est question ; et le nombre, s’agissant de principes, ne fait jamais rien à l’affaire. Imagine-t-on remettre en question les lois de 1881 sous prétexte que les atteintes à la liberté de la presse se font rares ? Et que dirait-on de quelqu’un qui, observant que les attaques racistes ou antisémites contre les personnes décroîtraient en quantité, songerait à abolir, ou même à alléger, les législations en vigueur en la matière ? Si vraiment la burqa est ce que je dis, si elle est cette insulte faite aux femmes et à leur lutte séculaire pour l’égalité, si elle est une injure faite, de surcroît, aux femmes qui, à l’heure même où j’écris, défilent à visage découvert, en Iran, contre un régime d’assassins dont la burqa est l’un des symboles, bref, s’il signifie, ce symbole, que l’humanité se divise entre ceux dont le corps est glorieux et doté d’un non moins glorieux visage et celles dont corps et visage sont des outrages vivants, des scandales, des saletés que l’on ne saurait voir et qu’il faudrait soit cacher, soit neutraliser, alors n’y en aurait-il qu’une, n’y aurait-il qu’une femme en France se présentant encagée à l’hôpital ou à la mairie, qu’il faudrait la libérer.
C’est pour toutes ces raisons de principe que je suis favorable à une loi, nette et claire, décrétant anti-républicain le port de la burqa dans l’espace public.
42 commentaires sur « Pourquoi je suis favorable à une loi sur burqa »
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La loi d’interdiction générale du voile intégral n’a jamais figuré une loi sur l’égalité entre les sexes. Les femmes qui le portent n’ont jamais cessé de vous le dire. Elles ne se sentent pas rabaissées par le voile intégral. Et pour cause, il tisse pour elles le premier fil de leur course effrénée vers le Grall islamique. La burqa n’est pas là pour cacher la femme, mais la femme est là pour montrer la burqa. La burqa est un drapeau. Le drapeau du Jihad. Tout comme la France ne permettra plus à un homme de rouler sur ses routes et fouler ses trottoirs en costume des SS-Totenkopfverbände, la France n’acceptera pas que la Faucheuse millénariste flâne dans ses rues avec le sentiment d’être partout chez elle d’une amoureuse de Robert Doisneau.
En fait, dans un paysage MULTICULUTREL FRANCAIS, il ne faut pas “détonner”. Et puis l’expérience nous l’a montré plus les politiques et les législateurs taperont sur les “mauvais” musulmans plus ils se radicaliseront, on n’obtient rien par la force. Les politiques devraient commencer par Mettre plus d’argent dans l’éducation national, embaucher plus de personnel dans les écoles, et apprendre aux jeunes à penser par eux-mêmes, leur apprendre leur histoire aux sens large, celle de la colonisation, de l’Afrique qui a une grand histoire avec la France. C’est en éclairant et nourrissant les esprits, en transmettant des connaissances qu’on fait reculer l’obscurantisme à tous les niveaux ! Donc au lieu de réprimander, formons les jeunes esprits !
“en Iran, contre un régime d’assassins dont la burqa est l’un des symboles”
Le propos est caricatural et l’erreur grossiere…
La burqa est porte en Afghanistan. A ma connaissance, l’Iran n’est pas gouverne par les talibans.
Seul le foulard est obligatoire dans la Republique islamique. Meme s’il n’est pas impose par la loi, les femmes portent egalement le tchador.
je ne vois pas ce que ça change aux choses…. l’Iran reste un régime d’assasins, le voile sous toutes ses formes reste son symbole
“Sophisme, là encore. Increvable mais absurde sophisme. Car ceci n’a rien à voir avec cela.” Mr Levy a tord d’invoquer l’Iran dans ce debat.
Si on suit ce raisonnement, on devrait alors interdire aussi le port du foulard parce qu’il est le symbole “d’un regime d’assassins” puis pourquoi pas tous signes musulmans parce que l’on considere cette religion contraire a “nos valeurs”.
Non le pouvoir politique ne devrait pas interferer dans la vie religieuse (ou non religieuse) de la societe civile, en France comme en Iran. Ca s’appelle la laicite. On ne peut pas, sous pretexte de combattre quelques comportements extremistes, rediger, explicitement ou de maniere deguisee, des lois specifiques a certaines religions.
Tout d’abord, de maniere pratique, ca ne resoudra rien et ne fera qu’encourager par defiance l’extremisme.
Ca sera long et penible mais ce n’est qu’en defendant des principes de laicite universelle que l’on le fera regresser l’extremisme.
vous êtes un peu simplet, laïcité veut dire que la reliugion n’a pas affaire à la politique et non le contraire, comme vous élaborez trop longuement
“je trouve que la dialectique de Samir tend uniquement à défendre la place d’un islamisme européen, sans compromis… forcçant plutôt l’Europe à faire des compromis… à force de céder du terrain pouce par pouce devant ce qui avance en masse, rien ne peut arrêter cela”
Vous seriez gentil de ne plus parler en mon nom, surtout pour dire de telles absurdités !
Je ne défends pas l’islamisme, au contraire, je le combats. Par contre, je défend les musulmans modérés et un Islam en harmonie avec les préceptes de la République Française. Je défend ma mère, mes soeurs, mes amis…
Je défends aussi la France. Une France où l’on se parle, où l’on essaye de se comprendre, où l’on s’aime.
L’intégriste dans ce forum, ce n’est pas moi.
un autre superbe oxymore «musukman modéré»
sorry musuLman
D’une formule, vous avez eradiqué mon existence. Je suis une contradiction. Je suis un mythe, un fantôme.
Content d’apprendre que je n’existe pas !
Toute cette énergie déployée au travers d’une argumentation douteuse et l’on finit par se demander : pourquoi ?
Vous avez vraiment le souci de défendre la cause des femmes. C’est bien. La Burqa n’est qu’un début. Il faut aller plus loin.
Pourquoi on ne vous entend jamais sur la « chosification » de la femme, traitée comme un vulgaire objet dans de nombreux domaines : la publicité, les émissions de télévision, etc..
Pourquoi on ne vous entend jamais sur le peu de place faite aux femmes au sein de la représentation politique ?
Pourquoi on ne vous entend jamais sur la violence physique et surtout psychologique faite aux femmes ?
Pourquoi on ne vous entend jamais sur les inégalités toujours d’actualité entre hommes et femmes : a compétences égales salaires différents, répartition des tâches ménagères, etc..
Mais ces sujets sont un peu trop triviaux pour la figure de « L’intellectuel engagé » que vous êtes, qui a besoin d’aller sur le terrain et de voir de ses propres yeux comment les choses se passent.
Avez-vous à cœur la condition féminine ? Il n’y a pas que les femmes musulmanes qui sont maltraitées. Ce n’est par parce que les femmes sont dévoilées qu’elles ne sont pas « chosifiées ». Alors de grâce ! Engagez vous ! mais faites-le pour toutes les femmes car comme le dit un de vos maîtres : « L’enfer c’est les autres » !
La burka, l’Iran libre, le revisionnisme ou Polanski, si je m’en refere a ce bloc-notes Mr Levy est un philosophe engage… mais dans un autre combat que celui de la femme.
On ne pas pas nier que la demonstration est habile, renforcee par de bons arguments et un bon marketing mais aussi… un certain parti pris.
j’ai lu vos posts et je ne suis pas sûr de bien comprendre où vous voulez en venir! … ah oui, je le tiens, vous n’aimez pas BHL!
quand on lit que si l’on ne comprend pas ON va s’en occuper, ça jette un froid dans le dos en pire Samir en toute candeur ajoute que «Personnellement, ce débat aura eu, tout de même, un intérêt : montrer les limites de la démocratie.»
pas besoin de grosses lunettes pour y voir clair
Vous devriez vous cantonner à un déchiffrage linéaire et littéral des mes commentaires. Je vous trouve effectivement un piètre talent pour l’interprétation ou l’extrapolation.
Vous avez dû comprendre (malgré toute la mauvaise foi que je crois déceler en vous) que je suis un ardent défenseur de la démocratie et de la République Française dans la vie quotidienne.
Cependant, je pensais que sur site, dédié entre autres à la philosophie, on pouvait élargir le débat sur l’identité nationale et peut-être se diriger vers une réflexion philosophique sur la/les démocratie(s), afin de sortir du carcan (le mot est bien choisi) de la burqa ou celui du défouloir xénophobe.
Je pense que si l’on aime “la démocratie”, on se doit de la critiquer… Ca ne fait pas de moi un islamiste de facto !
Vous devez sûrement connaître cette citation de Churchill : «Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou sage. Il m’est arrivé d’entendre dire que c’est le pire des gouvernements à l’exception de tous ceux qui ont déjà été essayés».
Je ne pense pas que Wilston Chruchill eut été considéré comme un dangereux islamiste pour autant…
en Grèce, je visitais à Corfou un site où non loin y avait une chapelle …. faisait chaud et j’avais enlevé ma chemise… à l’approche de cette chapelle une sorte de pope tout en noir, robe et capuche, m’a attaqué, griffé ma peau, les yeux lui sortaint de la tête
oui, il est vrai que la Grèce c’est entre l’occident et l’orient….
je trouve que la dialectique de Samir tend uniquement à défendre la place d’un islamisme européen, sans compromis… forcçant plutôt l’Europe à faire des compromis… à force de céder du terrain pouce par pouce devant ce qui avance en masse, rien ne peut arrêter cela
et d’ailleur Samir ne déclare t’il pas que « Et si l’autre ne comprend pas, alors, on lui fera comprendre…»
voilà claire et nette la réelle position de l’islam
Mon dieu, vôtre bêtise m’effraye…
“Et si l’autre ne comprend pas, alors, on lui fera comprendre..” était une remarque ironique qui s’inscrivait dans le prolongement de ma critique sur nos “pseudo-démocraties” où la majorité écrase toujours et d’une certaine manière la minorité. “L’autre” faisait justement référence au musuluman.
Peut-être devriez-vous surveiller vos penchants obsessionels ( Islam, Tarik Ramadan, Samir…) et vous remettre en question.
Apprenez aussi à lire, ça peut vous être utile.
alors, c’est tout simple… faites un effort et comprennez!!! devenez conscient du terrain où vous vous trouvez… vous savez qu’à force de pousser le bouchon. ça va commencer à craindre
une démocratie repose sur le consensus, et il n’y a pas de pseudo démocratie car il ne peut y avoir de pesudo consensus… tout de même remarquable que les amateurs du voile sous toutes ses formes se servent de la démocratke, ou encore de la liberté d’expression ou même de culte, afin de défendre et propager une forme de maladie mentale liée à l’obsession sur la femme
ce genre d’obsession a été assez bien décrit par Norman Mailer dans Prisonnier du Sexe, il raconte en outre que la femme a longtemps été le sujet de répression et de contrôle du seul fait d’être source de vie, matrice de l’humanité, mais les femmes semblaient écchapper trop facilement , je veux dire que leur physiologie reste un mystère insoluble et où toutes les religions patriascales les ont placées SOUS la domination masculine…. l’islam n’est pas plus pire que les autres, sauf que le contact par l’immigration des cultures occidentales laïques et démocratiques et par dessus le marché progressistes, ça donne un mauvais ménage… tout d’abord parce que lislam essentiellement refuse CELA
D’une certaine manière, je suis satisfait. Vous avez réagi. Vous avez émis votre avis sur la démocratie. C’est ce que j’attendais.
Votre définition est univoque, votre ton est péremptoire et vos idées sont arrêtées. Je commence à en prendre l’habitude. Je trouve tout de même votre opinion tout à fait recevable (”une démocratie repose avant tout sur un consensus”), mais je la commenterais en vous disant que l’on se rapproche plus, selon moi, d’une conception athénienne (l’Athène antique) que de celles des Lumières, bien plus égalitaire selon moi (je schématise).
J’ai utilisé le terme “pseudo-démocratie” pour évoquer l’utopie qui flottait autour du Demos Kratos (la souveraineté du peuple), une utopie bien évidemment totalement inatteignable d’un point de vue effectif.
Un peuple constitué de citoyens qui (selon les Lumières) devraient être libres et égaux en droits et en devoirs : il faut selon moi continuer à tendre vers cet idéal mais il semble que depuis quelques temps on cherche plutôt à s’en éloigner.
Je ne dénonce pas le concept philosophique de la démocratie (je le trouve noble) je critique sa mise en pratique…
Le débat est vaste, les définitions et les conceptions sont innombrables, mais ce débat là est, à mon sens, bien plus intéressant.
Quant à l’Islam… (une de vos obsessions apparentes)
Quand vous dîtes “L’islam refuse essentiellement CELA”, j’ai envie de vous poser les questions suivantes :
” Qu-est-ce que l’Islam pour vous ? N’y a t-il qu’une seule conception de l’Islam ? N’y a-t-il qu’une seule pensée musulmane ? Les musulmans sont-ils tous incapables de se remettre en question ? Certains musulmans n’ont-ils pas déjà effectué certaines remises en cause ? Vous êtes-vous déjà posé toutes ces questions ?”
combien?