Comment Facebook m’a éliminé

Yann Moix

Yann Moix-giroudon

Je suis écrivain, je suis réalisateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, c’est ainsi. J’écris, je publie, je travaille beaucoup, je réfléchis, j’existe. Je suis un être passionné, parfois emporté, et je travaille actuellement sur plusieurs livres : un essai sur le judaïsme, une biographie de Kafka et un roman sur les Marranes.

J’avais, il y a quelques jours encore, une page Facebook, comme tout le monde, car il est spécifié, quand on s’inscrit sur Facebook, que Facebook est ouvert à tout le monde. Mais Facebook, la société Facebook a décidé de supprimer mon compte, ma page. Sur cette page, il y avait des articles sur Kafka, sur Proust, sur Gombrowicz et sur Miles Davis, sur Stravinsky et sur Sollers. Il y avait des propos polémiques car je suis polémiste. Il y avait des propos sur Polanski car je suis polanskiste. Il y avait une part de moi, de mon univers. Tout ça, ainsi que mes 3 300 amis, a disparu : non seulement c’est ignoble pour mes 3 300 amis, qui ne peuvent plus communiquer avec moi, mais c’est ignoble tout court.

Car pendant qu’on me fait taire, qu’on me sabre, qu’on me supprime, qu’on m’élimine virtuellement, culturellement, intellectuellement, tous les groupes Facebook haineux à mon endroit, eux, perdurent, sont là, consultables, en pleine forme. Je suis supprimé, moi, sans avertissement, de Facebook, mais des groupes tels que « Yann Moix, la Suisse t’emmerde ! » ou « Yann Moix, la Suisse t’encule ! », qui appellent à brûler mes livres sur la place publique, appellent à me frapper physiquement ou s’en prennent à mon physique par des injures démentielles, des groupes comme ceux-là, oui, sont consultables.

Ce n’est plus de la censure : Facebook pratique le délit de sale gueule. Facebook prive un écrivain, un artiste, de parole, de moyen d’expression, de vitrine, au profit de la Meute hurlante, nombreuse, haineuse, dégueulasse.

Ceci est une lettre ouverte à Facebook : je ne savais pas que, pour perdurer sur ce support, il fallait pratiquer la faute d’orthographe de manière systématique, encourager la haine de la pensée, du pamphlet et de la littérature, et encourager la pratique de la menace de mort et du délit de faciès. Je ne savais pas que Facebook avait la haine des penseurs, des artistes et des intellectuels.

Je demande instamment à Facebook de rétablir ma page, non pas une toute nouvelle page bien vierge qui recommence à zéro, avec mémoire effacée, avec amis détruits, avec articles déchirés : mais la page mêmement même que celle que je possédais il y a deux jours encore. Non pas le jumeau nettoyé de mon mur pestiféré, mais le même mur mêmement même, les mêmes amis semblablement semblables. Je veux retrouver mon profil strictement profilé de la stricte même manière.

Je suis le premier écrivain au monde éjecté de Facebook. Le premier détruit sur Facebook. Le premier qu’on accepte de livrer aux chiens de la Meute, le premier que Facebook permet de lyncher, d’assassiner (pas de panique : j’ai la peau dure), mais qui, supprimé, rayé, éradiqué, ne peut ni se répondre, ni s’exprimer. Je n’ai, sur Facebook, que le droit d’être tué, fustigé, haï. Je n’ai plus le droit, sur Facebook, de vivre, de faire partager des vidéos de Frank Zappa ou de Cornell Dupree, de faire découvrir Cziffra à mes amis, ni leur dire ô combien Guitry est un génie. Je ne peux plus donner au moindre ami, sur Facebook, un renseignement sur Rossellini, ni livrer une anecdote sur Fassbinder.

Je n’ai que le droit d’être exposé. Sur Facebook, on menace de me torturer (physiquement), on menace de faire un autodafé de mes livres en place publique, on menace de me faire la peau. Sauf que c’est un support sur lequel je suis déjà mort. Réduit au silence. Même les néo-nazis ne connaissent pas ce traitement.

Je suis le premier artiste français, le premier écrivain du monde a être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un, ouverte au monde entier sauf à moi.

Je demande ici, solennellement, aux autorités facebookiennes de rétablir immédiatement mon profil, mes pages, mon mur. Facebook est un trombinoscope : ma trombine n’est pas au goût de Facebook.

J’irai jusqu’au bout pour revenir, non par une ruse, non nanti d’un nouveau profil pirate et marrane, d’une crypto-identité, en toute lumière sur ce site démocratique moins un. Ce site pour tous sauf pour Yann Moix. Ce site pour l’humanité entière à une exception près. Ce site universel à un paria près : moi. A une sale gueule près : la mienne.

J’ai de la force, de l’énergie, de la conviction, de l’intelligence et des avocats. Le combat commence aujourd’hui. Ceux qui voudront me soutenir sont les bienvenus.

Sur Facebook, “Yann Moix la Suisse t’encule” n’est pas une insulte. En revanche, “Yann Moix” tout court est une insulte. Et la pire au monde.


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322 commentaires sur «  Comment Facebook m’a éliminé »

  1. Facchini dit :

    Je viens juste de voir que facebook t’avais éjecté ! Des enculés, un point c’est tout !

  2. Gérard VIDAL dit :

    Bonne nouvelle, Yann . Tu as retrouvé ta page Fb et… 4310 amis ! Bravo, ton combat a payé.

  3. Gérard VIDAL dit :

    Bonjour Yann, je suis ton cousin Gérard. J’ai exactement le même problème que toi, à savoir que, dès que j’écris quoi que ce soit à l’encontre de Bové et de sa clique d’illuminés, de ses pseudos “batailles” contre la mal bouffe – qui lui rapportent tout de même pas loin de 10 000 € par mois depuis qu’il a été “élu” député Européen, je me fais systématiquement bloquer la page Fb. Je sais (tout comme toi), qu’il y a des mots-clés à ne pas utiliser mais Bové / OGM/BIO/VIA CAMPESINA, ont-ils tellement peur des critiques pour qu’ils fassent intervenir Facebook Big Grother ? Tous les jours, j’écris sur mon mur quelques lignes destinées essentiellement aux jeunes adultes pour qu’ils ne se fassent pas (trop) avoir par certains médias. Celà s’appelle les “GG NEWS” et je peux te dire qu’elles ont un franc succès. Malgré tout, je persiste,signe et ne renie en rien mes écrits et convictions. Comme me dit ton père, je suis un “cathareux” et je le revendique haut et fort,tout comme j’ai fait inscrire Moix sur ma carte d’identité et je suis fier de mes origines n’en déplaise aux bobos, “parvenus” et autres soi-disant bien-pensants. Je soutiens ton combat car, jusqu’à preuve du contraire, le France est un pays où la censure n’existe pas (tout au moins, ne doit pas exister). Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ; ce doit être un gêne familial qui fait que nous disons tout haut ce que les faux-culs pensent tout (très,très) bas…

  4. jones dit :

    Ne dis pas n’importe quoi, tu n’es ni le premier, ni le seul. Tu te lamentes, tu exiges, tu est prétentieux. Monsieur “je je je je je je” et j’en passe, tu récoltes ce que tu sèmes!

  5. haha dit :

    LULZ ! merci pour cet EPIC FAIL ! En plus de prises de positions parfois risibles, vous passez pour un véritable abruti !

  6. Biton -Fayles dit :

    Je viens sseulement d’apprendre ce qu’il vous est arrivé sur facebook, s’ils ne vous reprennent^pas , j’arrête le mien. Je vous trouve très interessant, intelligent j’attend avec impatience votre livre sur les marranes, sur Kafka. j’ai regardé “on n’est pas couché” avec vous et BHL, j’ai trouvé les deux clowns lamentables Ruquier devrait les virer. Bon courage

  7. Hil2 dit :

    Je viens de regarder l’émission de FOG où Moax était présent et s’insurge de la condamnation de Roman polansky en justifiant les actes de ce dernier… et nous offre une nouvelle définition de la pédophilie face aux gamines de 13 ans en les comparant à de démoniaques tentatrices. Moax ressemble a un gros flic qui dirait à une gamine violée et paumée au comico qu’elle n avait qu’à pas l’allumer. De plus, ce n’est pas aux enfants de prendre conscience des faits mais bien aux adultes de raisonner -même face à cette ado aussi attirante qu’elle eut été – mais Moax nous sort la carte xénophobie pour crier au complot contre polansky.
    Faites tous attention et ne laissez pas sortir votre petite collégienne car Moax vient de déculpabiliser les violeurs de gamines et de trasformer celle ci en petites vicelardes!!!
    Comme quoi quand tu es ouvrier et que tu violes une gosse en taule tu seras un pointeur et on te reservera le meme sort mais quand tu t’appelles polansky tu es un génie à qui on coupe les ailes de la créativité.
    Quel beauf ce moax c’est dupon lajoie – il vaut pas mieux que BHL le défenseur des causes déjà gagnées. Messieur les intellos en toc !

  8. chris dit :

    Bcp de monde a eu son compte bloque’ par Facebook, et personne n’a jamai eu d’explication.
    au liue de pleurer, demandes a tes 3300 super potes de se mobiliser pour que ton compte soit active’ a nouveau.

    ‘Je suis le premier écrivain au monde éjecté de Facebook’…. non, t’es que le seul qui crois avoir des droits differents des autres.
    Facebook t’as uniquement traite’ comme n’importe qui d’autre, mais ton Ego n’a pas du supporter ca j’imagine

  9. Spy dit :

    W la Suisse
    Yann Moix you idiots

  10. Francois dit :

    plaît-il ?! voyons mes amis, pourquoi tant de haine envers cet “artiste” comme il se nomme si vaniteusement ! Picasso, lui, est un artiste, car il peut se vanter d’être connu de toutes et tous et ce dans le monde entier ! Yann Moix ?! c’est un artiste certes, mais un artiste de fond de cave, d’arrière-boutique, ou de seconde-main tout au plus… Pourquoi tant de haine, à sa place aussi, nous aurions fustigé la France si cela nous avait permis de parcourir les plateaux télés et, de squatter les cases des journaux locaux et de vendre ainsi 2 livres au lieu d’un !!!

    Tu parles souvent, Yann Moix, de cette suisse qui se cache derriere sa neutralité ! Cela montre a quel point tu ne connais pas ce pays que tu mets tant d’acharnement à détester ! Viens visiter mon pays, ma cave t’est grande ouverte, puisque c’est là qu’est ta place, et tu découvriras avec étonnement, qu’il n’est point question en nos frontieres, d’une quelconque neutralité… Cette idée de neutralité ne vient pas de nous, elle vient des medias, des gouvernements environnants, et surtout des artistes glaireux, pour ne pas te citer, qui mettent toute leur énergie à l’appliquer à la suisse.

    AAAAh qu’il fait bon vivre en Suisse, richesse, confort, calme, propreté… tout ce que tu n’as pas apparemment…
    Rame, rame Yann Moix, tu connaîtras peut-être la gloire un jour….. ou pas

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